La tentation indépendantiste

Le référendum pour l’indépendance, qui aura lieu le jeudi 18 septembre en Écosse, donne des frissons à Londres, mais aussi à Bruxelles. Beaucoup de gouvernements européens redoutent l’effet contagion qu’un oui du peuple écossais provoquerait sur le Vieux Continent.
Nous vivons des temps chaotiques et paradoxaux. Depuis la seconde guerre mondiale, les pays, sur les cinq continents, ont plutôt cheminé, cahin-caha, vers des unions économiques et politiques. Les grandes institutions internationales ont même favorisé le rapprochement de presque tous les pays de la planète. Rappelons que la mondialisation, dans son acception la plus large, c’est la libre circulation des idées, des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. Mais cette idée, merveilleuse sur le papier, qui devait donner naissance à une globalisation heureuse, est venue se heurter aux crises et à la croissance des inégalités, voire au « choc des civilisations ». Une forme de globalisation prédatrice a exacerbé les nationalismes et les volontés de repli sur soi ou d’indépendance de certains peuples.
L’exemple écossais pourrait faire tâche d’huile. La tentation séparatiste est très puissante à Barcelone, même si Madrid a refusé tout référendum. Comme elle l’est au Pays Basque, en Flandre et en Lombardie. Et pourquoi pas, demain, en Corse, Alsace et Bretagne, où, sans aller jusqu’à l’indépendance, les vœux d’autonomie pourraient prospérer.
Ne nous leurrons pas. Ces forces qui poussent à l’éclatement des Etats-nations reposent avant tout sur des motifs économiques. Certes, de rusés leaders mettent en avant les spécificités culturelles ou identitaire, Mais, c’est parce qu’ils sont plus riches que la moyenne de leurs concitoyens que les Lombards, Basques, Ecossais, Flamands ou Catalans réclament leur « liberté ». Ils ne veulent plus payer pour les régions pauvres, minées par un chômage et des déficits plus élevés.
Le scénario sécessionniste ne serait pas économiquement viable pour l’Europe. Si les territoires riches se désolidarisent des territoires pauvres, les inégalités vont s’accroitre et de nombreuses zones pourraient sombrer dans une misère ou une précarité accrues. Les désirs d’indépendance flattent les égoïsmes des puissants. Mais ils sapent l’idée de solidarité qui, au fil des décennies, a forgé chaque nation et accompagné le rapprochement pacifique et profitable entre les peuples.

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Conférences Innovation et compétitivité lancement Midi Eco

A l’occasion du lancement par Midi Libre, du magazine Midi Eco, Philippe Villemus a fait trois conférences sur le thème « Innovation et compétitivité, devant des décideurs économiques et politiques de la région à Montpellier au siège de Midi Libre le jeudi 28 novembre, à Nîmes à l’hôtel Altria le mardi 2 décembre et à Béziers au Palais des Congrès le mercredi 3 décembre.


Retrouvez les informations sur ces trois soirées prestigieuses en cliquant sur les liens suivants:

http://www.midilibre.fr/2013/12/05/l-innovation-au-coeur-de-la-soiree-midi-eco,792808.php

http://www.midilibre.fr/2013/12/03/des-soirees-midi-eco-pour-celebrer-tous-ceux-qui-innovent,791900.php

 

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Réforme des dépenses

La remise à plat du système d’imposition est un des fantômes qui hantent Matignon depuis des décennies. Précisons qu’on ne parle pas ici de la pression fiscale, mais des types d’impôts, de leur collecte et de leur calcul. La France, année après année, a échafaudé un régime fiscal terriblement complexe. Entre les taxes (foncier, habitation, pétrole, CFE), l’ISF, l’IR (Impôt sur le revenu), la CSG, la CRDS, les niches, les exonérations, les quotients et bien d’autres charges et règles, l’Etat jongle avec un millefeuille fiscal encore plus indigeste que le millefeuille administratif. (suite…)

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Pourquoi l’euro a-t-il tenu ?

Il y douze mois, beaucoup de commentateurs prédisaient l’explosion de la zone euro. Aujourd’hui, même si la reprise est encore balbutiante, force est de constater que l’euro tant décrié a tenu. Pourquoi ? On pourrait avancer des hypothèses douteuses. La récession européenne serait terminée. La politique de la Banque Centrale aurait fonctionné. Les pays au bord du gouffre, tels l’Italie ou l’Espagne, auraient fait des efforts colossaux pour réduire leur train de vie. Les entreprises auraient plié sans rompre. Etc.

 

En réalité, l’euro a tenu parce que l’Allemagne, plus que n’importe quel autre pays européen, a besoin de lui. L’Allemagne est le seul pays riche qui a désormais une croissance plus forte et un chômage plus bas qu’avant la crise financière de 2009. Pourtant, les Allemands ont renfloué des pays comme la Grèce et Chypre à hauteur de 60 milliards d’euros, qu’ils ne reverront plus. Ils ont aussi prêté, via la BCE, des centaines de milliards pour soutenir les dettes des Etats dépensiers. (suite…)

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