La France a du talent

Les prix Nobel de littérature et d’économie attribués successivement aux Français Patrick Modiano et Jean Tirole ne sont pas des évènements anodins. Bien sûr, les esprits chagrins diront que ces récompenses ne vont créer ni des emplois, ni du pouvoir d’achat. Et pourtant.
Depuis des siècles, les philosophes et les économistes se demandent qu’est-ce qui fait croître les pays. Les penseurs ont cru que la richesse des nations provenait de la terre, de la division du travail, du capital, des investissements, de la consommation ou de la monnaie. On sait désormais que les idées sont le moteur de la croissance économique. Et les pays qui ont dominé leur espace géographique à une époque donnée le doivent largement à l’abondance de leurs érudits ou artistes : la Grèce de Périclès et Aristote, l’Espagne de Cervantès, l’Italie de de Vinci, l’Angleterre de Shakespeare, la France de Molière, Descartes ou Voltaire, et bien sûr les Etats-Unis avec leurs puissantes universités, leurs prix Nobel et leur domination culturelle dans la musique, le cinéma ou la télévision. Oui, les idées, c’est-à-dire la créativité des artistes et des scientifiques finissent souvent par donner naissance à de nouveaux biens ou services, dans des secteurs aussi variés que l’informatique, la communication, l’alimentaire, l’énergie, le traitement des déchets, les transports ou la médecine.
La France n’est pas en crise stricto sensu, mais a du mal à s’adapter à un monde en profonde mutation, à cause d’un manque d’effort collectif des citoyens et d’exemplarité des dirigeants politiques. Elle possède beaucoup d’atouts. Elle est sophistiquée, éprise de culture et d’esthétique, et riche d’un patrimoine culturel, historique et naturel formidable. Ses infrastructures sont remarquables. Sa population est encore très éduquée. La richesse de ses ménages s’élève à près de neuf fois son PIB. Beaucoup de ses entreprises sont leaders sur leur marché mondial.
La voie de la croissance passera par l’innovation, l’originalité et la différence. L’innovation est la mise sur le marché d’un produit nouveau et original. Mais avant d’innover, il faut inventer. Et avant d’inventer, il faut imaginer. La créativité et l’imagination précèdent l’innovation. Celle-ci n’est que la concrétisation d’un rêve. La France a du talent. Mais, comme on le dirait d’un élève doué aux notes médiocres, elle a tendance à gâcher son potentiel.

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La tentation indépendantiste

Le référendum pour l’indépendance, qui aura lieu le jeudi 18 septembre en Écosse, donne des frissons à Londres, mais aussi à Bruxelles. Beaucoup de gouvernements européens redoutent l’effet contagion qu’un oui du peuple écossais provoquerait sur le Vieux Continent.
Nous vivons des temps chaotiques et paradoxaux. Depuis la seconde guerre mondiale, les pays, sur les cinq continents, ont plutôt cheminé, cahin-caha, vers des unions économiques et politiques. Les grandes institutions internationales ont même favorisé le rapprochement de presque tous les pays de la planète. Rappelons que la mondialisation, dans son acception la plus large, c’est la libre circulation des idées, des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. Mais cette idée, merveilleuse sur le papier, qui devait donner naissance à une globalisation heureuse, est venue se heurter aux crises et à la croissance des inégalités, voire au « choc des civilisations ». Une forme de globalisation prédatrice a exacerbé les nationalismes et les volontés de repli sur soi ou d’indépendance de certains peuples.
L’exemple écossais pourrait faire tâche d’huile. La tentation séparatiste est très puissante à Barcelone, même si Madrid a refusé tout référendum. Comme elle l’est au Pays Basque, en Flandre et en Lombardie. Et pourquoi pas, demain, en Corse, Alsace et Bretagne, où, sans aller jusqu’à l’indépendance, les vœux d’autonomie pourraient prospérer.
Ne nous leurrons pas. Ces forces qui poussent à l’éclatement des Etats-nations reposent avant tout sur des motifs économiques. Certes, de rusés leaders mettent en avant les spécificités culturelles ou identitaire, Mais, c’est parce qu’ils sont plus riches que la moyenne de leurs concitoyens que les Lombards, Basques, Ecossais, Flamands ou Catalans réclament leur « liberté ». Ils ne veulent plus payer pour les régions pauvres, minées par un chômage et des déficits plus élevés.
Le scénario sécessionniste ne serait pas économiquement viable pour l’Europe. Si les territoires riches se désolidarisent des territoires pauvres, les inégalités vont s’accroitre et de nombreuses zones pourraient sombrer dans une misère ou une précarité accrues. Les désirs d’indépendance flattent les égoïsmes des puissants. Mais ils sapent l’idée de solidarité qui, au fil des décennies, a forgé chaque nation et accompagné le rapprochement pacifique et profitable entre les peuples.

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Conférences Innovation et compétitivité lancement Midi Eco

A l’occasion du lancement par Midi Libre, du magazine Midi Eco, Philippe Villemus a fait trois conférences sur le thème « Innovation et compétitivité, devant des décideurs économiques et politiques de la région à Montpellier au siège de Midi Libre le jeudi 28 novembre, à Nîmes à l’hôtel Altria le mardi 2 décembre et à Béziers au Palais des Congrès le mercredi 3 décembre.


Retrouvez les informations sur ces trois soirées prestigieuses en cliquant sur les liens suivants:

http://www.midilibre.fr/2013/12/05/l-innovation-au-coeur-de-la-soiree-midi-eco,792808.php

http://www.midilibre.fr/2013/12/03/des-soirees-midi-eco-pour-celebrer-tous-ceux-qui-innovent,791900.php

 

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Réforme des dépenses

La remise à plat du système d’imposition est un des fantômes qui hantent Matignon depuis des décennies. Précisons qu’on ne parle pas ici de la pression fiscale, mais des types d’impôts, de leur collecte et de leur calcul. La France, année après année, a échafaudé un régime fiscal terriblement complexe. Entre les taxes (foncier, habitation, pétrole, CFE), l’ISF, l’IR (Impôt sur le revenu), la CSG, la CRDS, les niches, les exonérations, les quotients et bien d’autres charges et règles, l’Etat jongle avec un millefeuille fiscal encore plus indigeste que le millefeuille administratif. (suite…)

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